Enfin, l’aversion au risque des investisseurss’est traduite par le recul des rendements des titres d’Etat et par une haussedes primes de risque attachees aux emprunts des entreprises.Au milieu du mois de septembre, les marches financiers internationauxont ete a nouveau fortement destabilises par la mise en faillite de la banqued’investissement Lehman Brothers. En temoignent la progression anormaledes remunerations servies sur les marches monetaire et interbancaire, leraccourcissement des maturites ainsi que la disparition de certains segmentsdu marche. Dans la foulee, la plupart des indices boursiers ont fortementdecroche, refletant des anticipations toujours plus pessimistes quant audeveloppement de l’economie mondiale.Les produits petroliers ont connu des variations de prix extremes en2008. Le prix du baril est passe de 93 dollars en debut d’annee a 148 dollarsau mois de juillet pour chuter jusqu’a 35 dollars a la fin de decembre. Laconjonction d’une forte demande des economies emergentes, de la faiblecroissance de la production des pays hors OPEP et de l’insuffisance de capacitesexcedentaires dans le golfe Persique a contribue a la hausse rapide du prix dupetrole en debut d’annee. Le prix de l’essence a la pompe, corrige de l’inflation,a alors atteint un niveau record, legerement superieur a celui observe lors duchoc petrolier de 1979. En seconde partie d’annee, le ralentissement marquede l’economie mondiale a provoque une correction brutale du prix du baril,que n’ont pas pu juguler les baisses de production decidees par l’OPEP.La situation economique aux Etats-Unis n’a cesse de se degrader aucours de 2008. Le PIB s’est fortement contracte en fin d’annee apres avoiraffiche une croissance modeste au premier semestre, stimulee par des rabaisd’impots au benefice des menages et par une contribution exceptionnelle ducommerce exterieur. Sur l’ensemble de l’annee 2008, le PIB a progresse de1,3%, contre 2% en 2007, soit pour la deuxieme annee consecutive en decadu potentiel de croissance.Le declin de l’activite en fin d’annee provient en premier lieu de labaisse de la consommation. Face a la perte de valeur de leur patrimoineimmobilier et financier, a la hausse (jusqu’a l’ete) du prix de l’energie, auresserrement des conditions de credit et a la degradation des perspectivesd’emploi, les menages americains ont adapte drastiquement leurs depenses.Cette evolution a ete particulierement marquee pour les biens de consommationdurables comme les voitures.En ce qui concerne les investissements, ils se sont replies en secondepartie d’annee. Contrairement a la recession de 2001, l’economie americainene s’est pas retrouvee en surcapacite de production a l’oree de la crise, lesentreprises ayant investi prudemment lors de la phase haussiere du cycle. Cefait a sensiblement attenue la contraction. En outre, le secteur exportateurs’est trouve dans une position relativement favorable, soutenu par la baissedu dollar et l’essor des pays emergents. En consequence, la contribution nettedu commerce exterieur a ete substantielle sur l’ensemble de l’annee 2008.La deceleration puis le repli de l’activite ont provoque une fortedeterioration du marche du travail. Sur l’ensemble de l’annee, le taux dechomage s’est accru de 2,3 points de pourcentage pour atteindre 7,2% endecembre, un niveau inegale depuis janvier 1993. L’industrie manufacturiere etle commerce de detail, en particulier, ont enregistre un fort repli de l’emploi.L’affaiblissement de l’activite en Europe au cours de 2008 a surpris parson ampleur et sa rapidite. Apres une annee 2007 de croissance soutenue(2,6%), le PIB de l’ensemble des pays membres de la zone euro n’a progresseque de 0,8% en 2008 (prevision). En glissement trimestriel, la croissancea ete negative durant trois periodes consecutives, ce qui n’etait plus arrivedepuis le debut des annees nonante.La contraction de l’investissement et le flechissement de la croissancedes exportations ont ete particulierement marques, traduisant l’affaiblissementde la demande mondiale, notamment en biens d’equipement, et la correctiondu marche immobilier dans plusieurs pays de l’Union europeenne. En outre,les entreprises tant en Europe qu’aux Etats-Unis ont souffert du resserrementgeneral des conditions financieres.La consommation, en legere hausse sur l’ensemble de l’annee,a cependant joue un role stabilisateur. Lors de la phase haussiere du cycle,la croissance de la consommation etait restee faible, bridee par l’evolutiontimide des salaires et la hausse des prix de l’energie et des denrees alimentaires.Lors du ralentissement, la moderation salariale a alors permis de stabiliserquelque peu les perspectives d’emploi et donc la consommation. De plus, lachute des prix des matieres premieres en seconde partie d’annee a renforce lepouvoir d’achat des menages.Au Japon, le PIB s’est legerement contracte en 2008 (prevision: –0,4%)dans le sillage du ralentissement du commerce mondial. L’affaiblissement dela demande etrangere, accentue par la hausse marquee du yen, a engendreune forte baisse des investissements en seconde partie d’annee. Cettecorrection est restee cependant modeste par rapport a celle des anneesprecedentes, fruit du renforcement des finances des grandes entreprises etd’une politique d’investissement prudente ces dernieres annees.La croissance de la consommation est restee faible, mais stable,soutenue par une situation favorable sur le marche du travail. Les depensesdes menages et des entreprises ont ete moins affectees qu’aux Etats-Unis ouqu’en Europe par la crise du credit etant donne la faible exposition du systemebancaire japonais au marche hypothecaire americain.La croissance de la plupart des pays nouvellement industrialises d’Asiea clairement chute au cours de 2008, apres plus de deux annees de croissancesoutenue. Le flechissement de la demande des economies avancees et la haussedu prix de l’energie ont pese sur la production manufacturiere, qui s’est replieeen seconde partie d’annee. La demande interieure a en revanche bien resiste,soutenue par un taux de chomage remarquablement faible et stable.La Chine a grandement contribue a soutenir les economies de laregion. La deceleration de l’activite chinoise au cours de 2008 est resteecontenue, la croissance du PIB affichant 9%, contre 13% en 2007. Leralentissement est du en majeure partie a une baisse de la croissance desexportations et de l’investissement residentiel. Les tremblements de terredevastateurs au cours du premier semestre et les restrictions de productionpendant les Jeux olympiques ont egalement eu des effets negatifs. Enrevanche, la rapide decrue de l’inflation, refletant notamment la normalisationdes prix des denrees alimentaires, a contribue a soutenir la consommation.En outre, la crise financiere mondiale a amene le gouvernement chinoisa effectuer prematurement certaines depenses en infrastructures au quatriemetrimestre de 2008.Au cours de 2008, l’inflation dans les economies avancees a fortementreagi aux fluctuations des prix de l’energie. Elle a debute l’annee avec desvaleurs sensiblement superieures a celles visees par la plupart des banquescentrales pour augmenter encore jusqu’a l’ete. Au mois de juillet, la haussedes prix a la consommation se montait en glissement annuel a 4,6%aux Etats-Unis et a 3,4% dans la zone euro. Au Japon, elle se montaita 2,3%, niveau inegale depuis dix ans. L’inflation s’est ensuite replieerapidement, passant a 0,1% aux Etats-Unis, a 1,6% dans la zone euro eta 0,4% au Japon en decembre 2008.Quant a la progression de l’indice des prix a la consommation horsproduits alimentaires et energies, elle est restee relativement elevee (sauf auJapon) jusqu’au dernier trimestre de 2008.