La strategie de politique monetaire de laBanque nationale repose sur trois elements: une definition de la stabilite desprix, une prevision d’inflation a moyen terme et, sur le plan operationnel, unemarge de fluctuation assignee a un taux d’interet a court terme, le Libor pourles depots a trois mois en francs.La croissance de l’economie mondiale s’est considerablement affaiblieen 2008. Ce ralentissement a affecte surtout les Etats-Unis et l’Europe, quisont entres en recession au deuxieme semestre. La forte hausse du prix dupetrole jusqu’en milieu d’annee et la crise financiere qui avait eclate auxEtats-Unis pendant l’ete 2007 ont pese sur l’economie. Les banques americaineset europeennes se sont trouvees en proie a des pressions massives et lesconditions de financement des entreprises et des menages se sont deteriorees.Conjuguee a des pertes de valeur de patrimoine substantielles, cette evolutiona sensiblement freine la demande de biens et de services. Le ralentissementconjoncturel aux Etats-Unis et en Europe a ete de plus en plus perceptibledans d’autres parties du monde, notamment dans les pays emergents d’Asie.En automne 2008, la crise s’est aggravee de facon menacante sur les marchesfinanciers. Afin d’eviter un effondrement du systeme financier, les gouvernementset les banques centrales ont pris de vastes mesures de soutien.Apres une forte acceleration jusqu’en milieu d’annee, l’inflation s’estnettement repliee les mois suivants sur le plan international, en raison surtoutde la baisse rapide du prix du petrole, mais aussi du tassement de laconjoncture.L’economie suisse a egalement subi, et ce de maniere croissante, leseffets negatifs de la crise financiere et le flechissement du commerce mondial.Au deuxieme semestre de 2008, la croissance economique a marque le paset le chomage a augmente pour la premiere fois depuis cinq ans. Parmi lessecteurs les plus touches se trouvaient le secteur financier et l’industried’exportation, qui ont accuse un recul sensible de la demande au quatriemetrimestre. En revanche, grace a l’augmentation des revenus, la consommationprivee est restee un important soutien de la conjoncture.En 2008, la politique monetaire de la Banque nationale a du faireface a des defis majeurs. Jusqu’en aout, l’inflation n’a cesse de croitre du faitde la hausse des prix sur les marches des matieres premieres et de la forteutilisation des capacites de production, depassant ainsi depuis le debut del’annee la limite de 2% que la Banque nationale assimile a la stabilite desprix. Malgre les pressions inflationnistes considerables, la Banque nationalea maintenu a 2,25%–3,25% la marge de fluctuation du Libor pour les depotsa trois mois en francs lors de son appreciation de la situation economique etmonetaire de mars, de juin et de septembre. Un durcissement de la politiquemonetaire aurait accentue l’effet de frein exerce par le prix eleve du petrolesur l’economie. De son cote, un assouplissement ne paraissait pas non plusopportun dans le contexte d’une conjoncture tout d’abord encore robuste. LaBanque nationale a toutefois clairement insiste sur les grandes incertitudesdecoulant de l’evolution des marches financiers et de l’economie mondiale.L’aggravation de la crise financiere mondiale a partir de la mi-septembreet la rapide degradation de la conjoncture a l’echelle internationale ontconduit a une reevaluation de la situation. Debut octobre, la Banque nationalea participe a une action concertee avec d’autres banques centrales en vued’assouplir la politique monetaire.Elle a decide de ramener le Libor a trois mois en francs, alors situedans la zone superieure de la marge de fluctuation, a 2,5% et, a cette fin,d’abaisser la marge de fluctuation a 2%–3%. Dans les semaines suivantes,les perspectives de l’economie mondiale se sont assombries plus fortementque prevu et le risque de recession en Suisse a augmente. Aussi la Banquenationale a-t-elle decide de continuer a assouplir sa politique monetaire.Debut novembre, elle a ainsi reduit de 50 points de base la marge de fluctuationdu Libor pour les depots a trois mois en francs, la ramenant a 1,5%–2,5%.A peine deux semaines plus tard s’ensuivait une nouvelle baisse de 100 pointsde base. La marge de fluctuation du Libor pour les depots a trois mois enfrancs s’etablissait alors a 0,5%–1,5%. Deux facteurs justifiaient un nouvelassouplissement de la politique monetaire: l’accroissement des risquesconjoncturels et le recul plus rapide que prevu de l’inflation du a la chutedu prix du petrole. Lors de son appreciation de la situation economique etmonetaire de decembre, la Banque nationale a estime qu’il convenait deproceder a une nouvelle adaptation et a abaisse de 50 points de basela marge de fluctuation du Libor pour les depots a trois mois en francs, pourla ramener a 0%–1%.(2) La Banque nationale approvisionne le marche monetaire enliquidites. Elle met ainsi en oeuvre la politique monetaire et, au besoin,intervient en tant que preteur ultime (lender of last resort). En 2008, lesmarches monetaires internationaux se sont trouves aux prises avec la crisefinanciere. La Banque nationale a reagi avec determination aux tensionssevissant sur le marche monetaire et mis genereusement, si necessaire, desliquidites a la disposition du secteur bancaire pour des durees diverses. Lesliquidites excedentaires ont ete resorbees au moyen d’operations de reglagefin ou a l’aide des nouveaux titres de creance emis par la Banque nationale(Bons de la BNS). Pour que le Libor a trois mois en francs atteigne le niveauvise, le taux applique aux pensions de titres conclues dans le cadre desoperations de politique monetaire a ete adapte en consequence. En outre, laBanque nationale a participe a des mesures concertees d’approvisionnementen liquidites prises par d’importantes banques centrales. Conjointementavec d’autres instituts d’emission, elle a par ailleurs mis regulierement desliquidites en dollars des Etats-Unis a la disposition des banques. Avec laBanque centrale europeenne (BCE) et la Banque nationale de Pologne, ellea procede a des swaps de change euros contre francs, dans le cadre d’appelsd’offres coordonnes.Les categories d’actifs de la Banque nationale ainsi que leur volumese sont fortement accrus a la suite des differentes mesures visant a garantirun approvisionnement genereux en liquidites. Les creances en francs et cellesen dollars des Etats-Unis resultant de pensions de titres ont considerablementaugmente. De plus, les avoirs resultant des swaps devises contre francsrepresentent egalement un volume important.(3) La Banque nationale exerce le monopole d’emission des billets debanque. Par l’intermediaire des banques et de la Poste, elle approvisionnel’economie en billets et – a la demande de la Confederation – en pieces.En 2008, elle a une nouvelle fois mis l’accent sur la qualite des billetsen circulation, le bon deroulement des mouvements de numeraire, ledeveloppement d’elements de securite pour les billets de banque etla prevention de la contrefacon. En aout, le Conseil de banque a donne sonfeu vert a la production du nouveau billet de 50 francs, la premiere coupurede la nouvelle serie devant etre emise a l’automne 2010.(4) La Banque nationale a aussi pour tache de faciliter et d’assurer lebon fonctionnement des systemes de paiement sans numeraire. Elle tient descomptes pour les banques, pilote le systeme de paiements interbancaires SIC,est representee dans les principaux organes charges du trafic des paiementset surveille les systemes de paiement et de reglement des operations surtitres. En 2008, les systemes de paiement et de reglement des operations surtitres ont du faire face a une demande accrue qu’ils ont maitrisee avec succes,de sorte que les marches financiers n’ont pas ete penalises de ce cote. LaBanque nationale a evalue l’observation des exigences specifiques par lesexploitants des systemes et constate un taux d’accomplissement eleve.(5) La Banque nationale gere les reserves monetaires du pays. Leplacement des actifs, qui n’a pas la priorite sur la conduite de la politiquemonetaire, obeit a des criteres de securite, de liquidite et de rendement.