Une hausse durable du prixdu petrole en est un exemple. Dans de telles circonstances, la politiquemonetaire doit, d’une part, veiller a ne pas laisser le rencherissement de laproduction donner lieu a une spirale inflationniste et, d’autre part, eviter depenaliser outre mesure les entreprises frappees par ces chocs. Un retablissementtrop empresse de la stabilite des prix comporterait le risque d’effets negatifsimportants sur la conjoncture et sur l’emploi.Bien que la Banque nationale tienne compte de l’evolution de laconjoncture en prenant ses decisions de politique monetaire, il ne faut pass’attendre a ce qu’elle puisse regler precisement le cours de l’activite economique.De trop nombreuses incertitudes entourent aussi bien l’origine et la duree deschocs frappant l’economie que les mecanismes de transmission, les delais etl’impact de la politique monetaire sur la conjoncture et les prix.La strategie de politique monetaire appliquee depuis 2000 repose surtrois elements: une definition de la stabilite des prix, une prevision d’inflationa moyen terme et, sur le plan operationnel, une marge de fluctuation attribueea un taux d’interet de reference, le London interbank offered rate (Libor) pourles depots a trois mois en francs.La Banque nationale assimile la stabilite des prix a une hausseannuelle de l’indice suisse des prix a la consommation (IPC) de moins de 2%.Elle tient ainsi compte du fait que chaque hausse de prix n’est pas forcementde nature inflationniste. Elle considere egalement que le rencherissement nepeut etre mesure avec exactitude. Des problemes d’estimation decoulent, parexemple, de l’amelioration de la qualite des biens et des services. De tellesevolutions ne sont qu’imparfaitement prises en compte dans l’IPC et rendentl’inflation mesuree un peu plus elevee tendanciellement qu’elle ne l’estreellement.La prevision d’inflation joue un double role dans la strategie depolitique monetaire. D’une part, elle sert de reference principale a la prise dedecision en matiere de taux d’interet et, d’autre part, elle est un elementimportant de la politique de communication de la Banque nationale.La Banque nationale examine regulierement si sa politique monetaireest appropriee au maintien de la stabilite des prix. A cette fin, elle publietrimestriellement une prevision d’inflation pour les trois annees a venir. Cetteduree correspond approximativement au laps de temps necessaire a latransmission, a l’economie, des impulsions venant de la politique monetaire.Bien que toute projection portant sur une periode aussi longue soit grevee degrandes incertitudes, la Banque nationale, en publiant une prevision a moyenet long terme, souligne la necessite d’adopter une attitude prospective etde reagir suffisamment tot aux dangers aussi bien inflationnistes quedeflationnistes.La prevision d’inflation publiee par la Banque nationale repose sur unscenario concernant l’evolution future de l’economie mondiale. Elle estegalement etablie dans l’hypothese que le Libor annonce au moment dela publication de la prevision reste inchange pendant les trois annees quisuivent. La prevision publiee par la Banque nationale montre ainsi quelle seraitl’evolution future des prix, compte tenu d’un scenario conjoncturel mondial etselon l’hypothese d’un cap inchange de la politique monetaire en Suisse. Cetteprevision n’est donc pas directement comparable aux autres previsions qui,elles, integrent les decisions anticipees de politique monetaire.La tendance du niveau des prix depend, a moyen et long terme,essentiellement de l’approvisionnement en monnaie. Les agregats monetaireset les credits occupent une place importante dans plusieurs modeles quantitatifsde prevision d’inflation. A plus court terme, d’autres indicateurs ayant trait, parexemple, a la conjoncture, aux cours de change ou au prix du petrole prevalentgeneralement dans le calcul de l’inflation attendue.La Banque nationale commente periodiquement l’evolution desprincipaux indicateurs qui determinent sa prevision d’inflation. Les modelesutilises sont presentes dans ses diverses publications.Etant donne que la prevision d’inflation publiee par la Banquenationale tient compte de la derniere decision de politique monetaire prisepar la Direction generale, la forme de la courbe de la prevision d’inflationpermet aux agents economiques d’entrevoir le probable cours de la politiquemonetaire future.Lorsque l’inflation prevue s’ecarte de la zone de stabilite des prix, uneadaptation de la politique monetaire peut s’averer necessaire. La Banquenationale envisagera donc un durcissement de sa politique si l’inflationmenace de passer durablement en dessus de 2%. Inversement, elle tendraa assouplir sa politique si la deflation est a craindre.La Banque nationale ne reagit cependant pas mecaniquement a saprevision d’inflation. Elle tient compte de la situation generale de l’economiepour determiner la nature et l’ampleur de son action. En cas de circonstancesexceptionnelles notamment, par exemple suite a une forte et subite haussedu prix du petrole ou a de vives fluctuations des cours de change, un passagetemporaire de l’inflation en dessus de 2% n’appelle pas necessairement demesures correctrices de politique monetaire. Il en va de meme en cas depressions deflationnistes passageres.La Banque nationale met en oeuvre sa politique monetaire en assignantune marge de fluctuation au Libor pour les depots a trois mois en francs. LeLibor est un taux d’interet de reference du marche interbancaire de prets nongages. Il s’agit de la moyenne tronquee des taux appliques par douze banquesjouant un role predominant, et le Libor est publie chaque jour par la BritishBankers’ Association. La Banque nationale publie periodiquement la marge defluctuation, dont la largeur est normalement d’un point de pourcentage etvise a maintenir, en general, le Libor au milieu de l’intervalle annonce.A l’occasion de chaque appreciation trimestrielle de la situationeconomique et monetaire, la Banque nationale reexamine sa politiquemonetaire. En outre, si les circonstances l’exigent, elle peut ajuster la margede fluctuation du Libor sans attendre le prochain examen trimestriel de lasituation. Un communique de presse commente toute decision.Apres quatre annees de forte expansion de l’ordre de 5% par annee,l’economie mondiale a ralenti au cours de 2008, affichant une croissance de3,4% sur l’ensemble de l’annee. Le recul a ete sensible dans pratiquementtoutes les regions du monde. Les economies avancees ont enregistre uneprogression modeste de l’activite au premier semestre et subi une contractionmarquee en seconde partie d’annee.La deterioration economique observee en cours d’annee est a mettreen premier lieu sur le compte de la crise affectant le monde bancaire auxEtats-Unis et en Europe et, egalement, des effets retardes de la hausse duprix de l’energie sur les depenses des menages et des entreprises.Dans le sillage de l’annee precedente, la situation sur les marchesfinanciers a continue de se degrader tout au long de 2008. L’augmentationdes realisations forcees et des defauts de paiement sur le marche des creditsimmobiliers a risque (subprime) aux Etats-Unis a eu comme effet une correctionbrutale de la valeur de ces actifs et de leurs produits derives. L’incertitudequant a l’ampleur et a la repartition des pertes a asseche certains segmentsdu marche des credits et fortement augmente le cout des pretsinterbancaires.A la suite des turbulences sur le marche des credits, les principauxindices boursiers se sont replies, entraines par la baisse marquee des titresdes institutions financieres. De plus, la volatilite du marche des actionsa atteint un niveau sans precedent.