Afin de soutenir le taux de l’argent au jour le jour, la BNS a passe des operationsde reglage fin pour resorber des liquidites. Ces operations sont devenuessuperflues, en novembre et en decembre, soit une fois le taux des pensions detitres ramene a 0,05% par la BNS. Etant donne la preference accrue desbanques pour la liquidite, l’effet expansionniste des swaps de change et laretenue a l’egard des operations visant a resorber des liquidites, les avoirsque les banques detiennent en comptes de virement a la BNS se sont fortementaccrus, des novembre, pour atteindre le montant record de 45 milliards defrancs le 30 decembre 2008.Les instruments de politique monetaire permettent a la BNS denormaliser au besoin l’approvisionnement en liquidites. Jusqu’en octobre, lesliquidites excedentaires ont toujours ete resorbees a court terme par despensions de titres. L’emission de Bons de la BNS, a partir du 22 octobre, a visele meme objectif.En 2008, l’evolution tres volatile des primes de risque a rendu plusdifficile la gestion du Libor pour les depots a trois mois en francs. Jusqu’a lami-janvier, la baisse des primes de risque sur les operations conclues en blancsur le marche monetaire a engendre un repli du Libor a trois mois, qui a ainsipasse de 2,76% a 2,64%. Afin de maintenir le Libor dans la zone mediane dela marge de fluctuation de 2,25%–3,25%, la BNS a releve graduellement letaux de ses pensions de titre a une semaine, le portant de 2,05% a 2,40%a la mi-fevrier.L’aggravation de la crise financiere dans le sillage des problemes de labanque Bear Stearns a entraine, en mars, une hausse du Libor a trois mois. LaBNS a alors ramene a 1,90% le taux de ses pensions de titres a une semaine.Elle est ainsi parvenue a maintenir, jusqu’a fin septembre, le Libor a troismois dans la zone mediane de la marge de fluctuation. La grave perte deconfiance qui a suivi la faillite de la banque Lehman Brothers a provoque unfort relevement des primes de risque. Le Libor a trois mois a alors augmente,passant a 3,13%. Pour contrecarrer cette evolution, la BNS a une nouvellefois reduit le taux de ses pensions de titres et l’a fixe a 1,60%. Apresl’abaissement de la marge de fluctuation du 8 octobre, le Libor a trois moiss’est inscrit brievement au-dessus de la marge – celle-ci etait alors de2%–3% –, pour la premiere fois depuis l’adoption, en 2000, de la nouvellestrategie de politique monetaire. La BNS a reagi a cette evolution en ramenanta 1,25% le taux de ses pensions de titres a une semaine et en proposantponctuellement de conclure des pensions de titres a plusieurs mois. Lors dechacun des trois autres abaissements de la marge de fluctuation du Libora trois mois (la marge a ete ainsi ramenee a 0%–1%), les taux appliques auxpensions de titres ont ete eux aussi reduits, et des liquidites ont ete misesa disposition a plus long terme. Fin 2008, le taux des pensions de titres a unesemaine s’etablissait a 0,05%. Un taux aussi bas n’avait jamais ete enregistredepuis l’introduction de cet instrument, il y a dix ans.D’une annee a l’autre, l’encours moyen, en fin de journee, desoperations de politique monetaire de la Banque nationale a augmente, passantde 21,7 milliards a 41 milliards de francs. Dans le domaine des pensions detitres, le mouvement, soit la somme de toutes les pensions conclues en 2008,a atteint 1 301 milliards de francs; la part revenant aux operations a unesemaine s’est elevee a 88%. Du 22 octobre a fin 2008, des swaps euros contrefrancs ont ete passes avec des banques centrales pour 224,3 milliards defrancs (encours moyen pour cette periode: 22,5 milliards). Durant la memeperiode, des swaps euros contre francs ont ete conclus avec des banquescommerciales pour 96,6 milliards de francs (encours moyen: 17,4 milliards).Quant aux emissions de Bons de la BNS destines a resorber des liquidites,elles ont porte sur 161,6 milliards de francs (encours moyen: 20,5 milliards).Lors des appels d’offres quotidiens pour pensions de titres a des finsde politique monetaire, les banques ont demande des liquidites pour desmontants compris entre 0,03 milliard et 70 milliards de francs (moyenne:13,7 milliards). Les liquidites adjugees ont porte sur des montants allant de0,03 milliard a 10,2 milliards de francs (moyenne annuelle: 4,4 milliards). Decette moyenne, une part de 46,26% a ete attribuee a des banques en Suisse,le solde se repartissant entre des banques qui, etablies a l’etranger, sontactives sur le plan international. Le taux d’adjudication a fluctue entre 3,06%et 100% (moyenne annuelle: 31,92%). Dans le domaine des swaps euroscontre francs conclus avec la BNS et des banques centrales etrangeres, lesbanques ont adresse des soumissions pour un montant de 23,7 milliards defrancs. Les montants demandes ont toujours ete adjuges integralement. Enfin,les offres recues lors d’emissions de Bons de la BNS ont porte sur des montantscompris entre 0,5 milliard et 17,2 milliards de francs. En moyenne, lesadjudications se sont elevees a 75% des offres recues.Les banques ont recouru a la facilite intrajournaliere pour un montantmoyen de 9,6 milliards de francs, contre 7,8 milliards en 2007. Elles n’ont faitappel a la facilite pour resserrements de liquidites que dans des cas isoles etpour de faibles montants. En moyenne annuelle, le recours a cette facilites’est inscrit a moins de 3 millions de francs.Lorsqu’une banque en Suisse ne parvient plus a se refinancer sur lemarche, la Banque nationale peut lui fournir une aide extraordinaire sousforme de liquidites (role de lender of last resort, soit de preteur ultime).L’etablissement demandeur doit revetir une importance systemique et etresolvable. De plus, une telle aide doit etre couverte en permanence par desgaranties suffisantes.Une banque ou un groupe bancaire revet une importance systemiquesi les difficultes de paiement auxquelles elle ou il se heurte sont susceptiblesd’entraver gravement le fonctionnement du systeme financier suisse, oud’elements essentiels de celui-ci, et d’avoir de surcroit des repercussionsnegatives sur l’economie. La BNS demande l’avis de l’Autorite federale desurveillance des marches financiers (FINMA) lorsqu’il s’agit de porter unjugement sur la solvabilite d’une banque. Mais c’est elle seule qui decide desgaranties acceptees en couverture de l’aide accordee.En 2008, la BNS n’a accorde aucune aide extraordinaire classique sousforme de liquidites. Elle a toutefois participe a un ensemble de mesures visanta renforcer le systeme financier suisse (voir chapitre 6.2).L’obligation de detenir des reserves minimales (art. 17, 18 et 22 LBN)vise a assurer une demande minimale de monnaie centrale et repond, parconsequent, a un objectif de politique monetaire. Selon la reglementation envigueur, les actifs en francs qui peuvent etre pris en consideration sontconstitues des pieces de monnaie courantes, des billets de banque et desavoirs en comptes de virement a la Banque nationale. L’exigence en matierede reserves minimales s’eleve a 2,5% des engagements a court terme (jusqu’a90 jours) libelles en francs, auxquels s’ajoutent 20% des engagements enversla clientele sous forme d’epargne et de placements.Lorsqu’une banque ne satisfait pas aux exigences en matiere dereserves minimales, elle doit verser des interets a la Banque nationale, sur lemontant manquant, pour le nombre de jours de la periode d’applicationconcernee.