Associes au flechissement de lademande, les effets retardes de la baisse des prix des matieres premieres surles couts de production ont confere a l’inflation sous-jacente une trajectoiredescendante en fin d’annee.Les tensions persistantes sur les marches financiers, la deteriorationrapide de la conjoncture et le repli de l’inflation ont conduit la plupart desinstituts d’emission a provoquer un abaissement des taux d’interet courts en2008. La Reserve federale americaine a reduit de 400 points de base sa ciblepour le federal funds rate, l’etablissant a 0,25% a la fin de decembre. LaBanque centrale europeenne a, de son cote, baisse son taux de referencea 2,5% (–150 points de base). La diminution decidee par la Banque du Japonde 40 points de base, ramenant le taux a 0,1%, a ete plus modeste eu egardau niveau extremement bas des taux d’interet.Les banques centrales ont pris des mesures exceptionnelles visanta alimenter en liquidites le systeme bancaire en vue de reduire les tensionssur les marches monetaire et interbancaire. Elles ont notamment augmente levolume des prets consentis aux banques, allonge leur duree et elargi la listedes titres utilises en garantie. Les banques centrales ont egalement procedeentre elles a des swaps afin d’offrir a leurs marches respectifs des refinancementsen devises.Dans le sillage du fort ralentissement de l’activite globale a la fin de2008 et de l’evolution defavorable de la plupart des indices de confiance desmenages et des entreprises, il apparait probable que les tendances recessivesvont se poursuivre en 2009 dans les economies avancees. La reaction rapideet vigoureuse des politiques economiques, associee a la correction des prix dupetrole et des denrees alimentaires, devrait contribuer au redemarrage de laconsommation et de l’investissement dans la seconde moitie de 2009. Lacorrection de la valeur du patrimoine immobilier et financier des menagesainsi que des conditions d’octroi de credits plus strictes que ces dernieresannees laissent cependant augurer d’un rythme de reprise plutot lent parrapport aux cycles precedents. Ce phenomene pourrait particulierement joueraux Etats-Unis, ou l’endettement eleve des menages exigera une reconstitutionde l’epargne, ce qui devrait freiner la demande de consommation.Plusieurs gouvernements ont annonce des mesures budgetairesvisant a soutenir la demande des menages et des entreprises. La nouvelleadministration americaine a annonce pour 2009 un train de mesures de largeampleur. De son cote, la Commission europeenne a propose la mise en placede mesures coordonnees de la part des pays de l’UE. Au Japon, une enveloppefiscale de l’ordre de 1% du PIB, sous forme essentiellement de rabais d’impots,a ete decidee. Finalement, le gouvernement chinois a etoffe les mesurescontenues dans son plan quinquennal.Les previsions conjoncturelles exposees ci-dessus sont renduesparticulierement ardues par la forte incertitude quant a l’evolution des marchesfinanciers et a son impact sur l’economie non financiere. Le resserrement desconditions de credit et la baisse importante des cours boursiers laissenta penser que les risques sur la croissance sont orientes a la baisse. Neanmoins,etant donne la vigueur de la reaction des politiques fiscale et monetaire ainsique la forte detente des prix du petrole et des denrees alimentaires, unereprise plus marquee que prevu ne peut etre exclue.Alors que les premieres turbulences sur les marches financiers n’ontguere affecte la conjoncture suisse en 2007, l’annee 2008 a ete marqueepar une deterioration de l’activite economique, en particulier en secondepartie d’annee.Au premier semestre de 2008, la baisse de la croissance economiquea ete largement causee par la chute de la valeur ajoutee dans le secteur del’intermediation financiere. En particulier, les incertitudes affectant lesmarches financiers ont conduit a un net recul du volume des transactions surles titres et, par consequent, des commissions bancaires.En seconde partie d’annee, le prolongement de la crise financiere acontinue de peser fortement sur le secteur de l’intermediation financiere. A celas’est ajoutee la degradation de la conjoncture internationale, qui a commencea affecter l’economie non financiere, notamment l’industrie manufacturiereaxee sur l’exportation. Les branches tournees vers la consommation ont, parcontre, profite d’une demande interieure encore porteuse. Sur l’ensemble del’annee 2008, la croissance du PIB s’est etablie a 1,6% (2007: 3,3%).Selon les estimations de la Banque nationale, l’ecart de productiona atteint son point culminant au quatrieme trimestre de 2007. Il s’estprogressivement comble au cours de 2008, pour se refermer en fin d’annee. Lerepli du taux d’utilisation des capacites de production et la detente sur lemarche du travail tout au long de l’annee expliquent la resorption de l’ecartde production et, par consequent, la diminution des pressions inflationnistesen fin d’annee.Malgre la degradation de la conjoncture internationale, les exportationsde biens et de services ont progresse durant la premiere moitie de l’annee2008. Grace a une demande robuste des pays europeens et asiatiques et despays producteurs de petrole, les exportations de biens, notamment cellesd’instruments de precision et de montres, ont enregistre une solide croissance.Les exportations de services, par contre, ont souffert de la contraction descommissions bancaires percues sur les transactions des clients etrangers.Durant la seconde partie de l’annee, le dynamisme des exportationss’est en revanche trouve fortement affecte par l’affaiblissement de la demandeeuropeenne et asiatique ainsi que par l’appreciation du franc. Les exportationsde biens, notamment celles fortement exposees aux variations de laconjoncture, par exemple les exportations de machines, ont ete toucheesdans un premier temps. Vers la fin de l’annee, les exportations de biens et deservices ont ensuite decline de facon substantielle.En ce qui concerne les importations de biens et de services, unralentissement a d’abord ete constate des le debut de l’annee. Au deuxiemesemestre, alors que les importations de biens d’equipement etaient freineespar la retenue des entreprises a effectuer de nouveaux investissements, lesimportations de matieres premieres et de produits semi-finis ont diminueconsiderablement. Les importations de biens destines a la consommation sesont egalement deteriorees en seconde partie d’annee.Apres avoir connu une croissance particulierement soutenue en 2006et en 2007 ainsi qu’au premier trimestre de 2008, les investissements enequipements ont commence a decliner des le deuxieme trimestre de 2008.Neanmoins, compte tenu de l’insuffisance du stock de capital par rapport auniveau de la production, la contraction des investissements est resteerelativement contenue. Cette situation s’est refletee dans l’evolution du tauxd’utilisation des capacites de production. Celui-ci a certes diminue, mais estreste en dessus de sa moyenne de long terme jusqu’au troisieme trimestre.Les investissements en construction ont poursuivi une tendancebaissiere au cours de 2008. Alors que la construction de locaux commerciauxet les travaux publics ont stagne, les investissements dans l’immobilierresidentiel se sont reduits par rapport a 2007.Malgre l’incertitude entourant l’evolution conjoncturelle, le marche dutravail est reste dynamique jusqu’en ete 2008. Le chomage corrige desvariations saisonnieres s’est maintenu a 2,5% pendant les sept premiers moisde l’annee. Dans le meme temps, malgre un leger ralentissement par rapporta 2007, la croissance de l’emploi en equivalents plein temps est restee fortedans une perspective historique. Tant le secteur de l’industrie manufacturiereque celui des services ont contribue a la creation de nouveaux postes.En seconde partie d’annee, la degradation de l’activite economiquea commence a se faire sentir sur le marche du travail. Le chomage corrige desvariations saisonnieres a passe de 2,5% en aout a 2,8% en decembre.