Les agregats monetaires M1 et M2, qui avaient recule au cours des dernierstrimestres, etaient quasiment stables au moment de l’examen. Quant a M3, ilcontinuait de croitre moderement. La crise financiere perdurant, la sante dumarche des credits etait sous haute surveillance. La croissance des creditshypothecaires, qui s’elevait a 3,3% au moment de l’appreciation de lasituation, continuait de faiblir, notamment a cause de la normalisation de lapolitique monetaire. La croissance des autres credits demeurait elevee, lesbanques n’ayant pas resserre les conditions d’octroi de credits aux menageset aux entreprises au cours des mois precedant l’examen.Bien que l’inflation ait depasse la barre de 2% depuis le mois dedecembre 2007, la Banque nationale a estime que cette situation seraitpassagere et que le ralentissement attendu de la conjoncture exercerait uneffet moderateur sur les pressions inflationnistes. Dans ce contexte, laDirection generale a decide, le 19 juin 2008, de laisser inchangee la marge defluctuation du Libor, marge qui demeurait ainsi a 2,25%–3,25%.La prevision d’inflation publiee au moment de la decision reposait surun Libor inchange a 2,75%. Elle depassait la barre de 2% jusqu’au premiertrimestre de 2009. De plus, elle etait caracterisee par une certaine persistance,due a l’augmentation du prix du petrole conjuguee a une activite economiquerobuste. La prevision montrait cependant que le ralentissement anticipe de laconjoncture, le recul du degre d’utilisation des capacites de production et uneffet de base pour ce qui est du prix du petrole contribuaient a un repli del’inflation. La prevision indiquait que l’inflation pour 2008 se montait a 2,7%.Elle se repliait a 1,7% pour 2009 et a 1,3% pour 2010.Par rapport a l’evaluation de la situation de juin, la Banque nationalea revise en septembre ses previsions concernant l’economie mondiale pourdeux raisons. Premierement, elle envisageait une conjoncture plus faible pourle restant de l’annee 2008, et ce tant pour les Etats-Unis (1,8%) que pourl’Europe (1,3%). La reprise de la croissance attendue pour les annees a venirallait alors s’en trouver retardee aux Etats-Unis (2009: 1,3%; 2010: 2,8%)comme en Europe (2009: 0,9%; 2010: 2,1%). Deuxiemement, la Banquenationale s’attendait a une baisse moins marquee de l’inflation americaine eteuropeenne en 2009 qu’elle ne l’avait escompte.Bien que flechissant, la croissance de l’economie suisse durant lapremiere moitie de l’annee etait restee relativement robuste malgre ladegradation de la conjoncture mondiale. Le ralentissement devait cependantse poursuivre au cours des prochains mois, notamment a cause de la contractionde l’activite dans le domaine des transactions financieres, dans l’industriemanufacturiere et dans la construction. Dans la plupart des cas, il s’agissaitd’un tassement du dynamisme a partir de niveaux d’activite eleves, l’utilisationdes capacites de production se trouvant au-dela des normes historiques. LaBanque nationale a ainsi maintenu sa prevision d’une croissance du PIB situeeentre 1,5% et 2% pour 2008.Les conditions monetaires etaient pratiquement inchangees par rapporta l’appreciation de la situation de juin. Malgre les turbulences sur les marchesfinanciers, le franc etait reste relativement stable. Le taux de croissance descredits hypothecaires se maintenait a un niveau comparable a celui de l’examenprecedent. Quant aux autres credits, la crise financiere n’avait, au moment del’examen, aucune repercussion sur leur octroi. Les taux de croissance desagregats monetaires etaient moderes, voire legerement negatifs, ce qui laissaitescompter un taux d’inflation bas a moyen et long terme.L’inflation observee au moment de l’examen de la situation, au-dessusde 2%, n’etait que passagere, car le ralentissement attendu de la conjonctureallait exercer un effet moderateur sur les prix. La stabilite des prix a moyenet long terme n’etait donc pas compromise. Dans ce contexte, la Directiongenerale a decide, le 18 septembre 2008, de laisser inchangee la marge defluctuation du Libor, marge qui demeurait ainsi a 2,25%–3,25%.Selon la prevision d’inflation publiee en septembre, dans l’hypothesed’un Libor maintenu constant a 2,75%, la hausse des prix atteignait 2,7%pour 2008 et se repliait a 1,9% pour 2009 et a 1,3% pour 2010 en raison dutassement conjoncturel et de la stabilisation du prix du petrole. La previsionsignalait une inflation legerement plus persistante dans l’immediat etdepassait la barre des 2% jusqu’au deuxieme trimestre de 2009. La hausseprevue des prix retrouvait, pour les trimestres suivants, un niveau compatibleavec la stabilite des prix a moyen terme.Dans les semaines suivant la decision de septembre, la crise financiereinternationale avait gagne en ampleur. Elle s’etait notamment manifestee parune augmentation des primes de risque qui avaient entraine une hausse duLibor de 2,75% a plus de 3%. De plus, la crise financiere s’etait repercutee demaniere tangible sur la conjoncture mondiale. Le ralentissement de l’activiteeconomique aux Etats-Unis et en Europe etait ainsi plus marque que ce quiavait ete prevu lors de l’examen de la situation de septembre.L’economie suisse allait etre affectee par ces developpements,notamment son secteur d’exportation. La Banque nationale a alors estime quela croissance economique pour 2009 allait etre inferieure a celle attendue lorsde l’examen precedent. Par ailleurs, suite a la degradation conjoncturelle eta la forte baisse du prix du petrole, l’amelioration des perspectives d’inflationautorisait un relachement immediat des renes monetaires.Dans ce contexte, en coordination avec cinq autres banques centrales(Banque du Canada, Banque d’Angleterre, Banque centrale europeenne,Reserve federale americaine et Banque de Suede et avec le soutien de laBanque du Japon), la Banque nationale a decide, le 8 octobre 2008, d’assouplirsa politique monetaire et de provoquer une baisse de 50 points de base desconditions sur le marche monetaire en visant un passage du Libor de 3%– soit approximativement son niveau au moment de la decision – a 2,5%.A cette fin, la marge de fluctuation a ete fixee a 2%–3%.Au debut du mois de novembre, les perspectives conjoncturellesinternationales avaient continue de se deteriorer plus fortement que prevu.Lors d’un nouvel examen de la situation economique et monetaire, la Banquenationale a anticipe une deterioration qui conduirait a une croissance negativeen Suisse au cours des prochains trimestres. Le ralentissement de l’activiteeconomique, la baisse du prix du petrole et l’appreciation du franc au momentde la decision ont accentue le recul attendu de l’inflation.La Direction generale a, par consequent, decide, le 6 novembre 2008,d’abaisser de 50 points de base la marge de fluctuation du Libor a trois mois,marge qui est passee ainsi a 1,5%–2,5%.A la fin du mois de novembre, les signes montraient clairement que lastabilite des prix se retablirait plus rapidement que prevu grace au fort reculdes prix du petrole et des matieres premieres. De plus, la conjonctureinternationale s’etait encore sensiblement degradee dans les semaines quiprecedaient la decision, ce qui entrainait un risque eleve de deteriorationsevere de l’activite economique en Suisse en 2009.Dans ce contexte, la Direction generale a decide, le 20 novembre2008, d’abaisser de 100 points de base la marge de fluctuation du Libor,marge qui est passee ainsi a 0,5%–1,5%.