Quanta la croissance de l’emploi en equivalents plein temps, elle a commencea faiblir. Par leur deterioration, les principaux indicateurs des perspectivesd’emploi ont signale en fin d’annee une croissance nulle voire negative duvolume de travail. L’industrie manufacturiere, le secteur de l’intermediationfinanciere et des assurances ainsi que les prestataires de services auxentreprises et aux collectivites ont ete principalement touches par la baissede dynamisme du marche du travail.Alors que l’indice suisse des salaires (ISS) a affiche une augmentationappreciable des salaires en termes nominaux en 2008, la forte croissance del’IPC a implique une baisse des salaires en termes reels de l’ordre de 0,4%.Palliant le fait que l’ISS ne tient pas compte de la modification de la structurede l’emploi, de la mobilite intersectorielle ni des paiements de bonus, leschiffres sur les revenus des salaries issus de la comptabilite nationalepermettent de mieux evaluer l’evolution des salaires. Selon des estimations,les revenus reels des salaries se sont accrus de 3,6% en 2008. Compte tenude la croissance de l’emploi (2,8%), il en resulte une augmentation dessalaires reels de 0,8%. Celle-ci s’explique, d’une part, par la poursuite durecrutement de travailleurs ayant un niveau de qualification eleve et, d’autrepart, par l’excellente tenue du marche du travail durant le premier trimestre,ce qui a permis a de nombreux travailleurs de changer d’emploi et d’obtenirainsi une remuneration plus elevee.La sante du marche du travail et l’evolution favorable des salaires ontpermis a la consommation de croitre de facon soutenue. Le segment ayantle plus profite de cette croissance est le commerce de detail. A l’inverse, lademande de biens durables, en particulier la vente de voitures neuves, etle nombre de nuitees dans l’hotellerie – important indicateur de laconsommation de services – ont clairement perdu de leur vigueur. Les depensesde consommation publique, en termes reels, ont stagne en 2008.La Banque nationale prevoit une contraction du PIB reel d’environ0,5% a 1% en 2009, due notamment a la contribution negative de la demandeemanant de l’etranger. Quant aux investissements dans l’immobilier residentiel,ils recommenceront a croitre grace au niveau favorable des taux d’interet. Laconsommation continuera d’augmenter, mais a un rythme plus faible. Laconsommation publique, de son cote, reagira de facon anticyclique etsoutiendra ainsi la croissance. Les travaux publics se developperont egalementgrace aux mesures de politique economique decidees par le Conseil federal.De janvier a juillet, l’evolution des prix a l’importation et a laproduction – qui ensemble constituent l’indice des prix de gros – a etemarquee par la flambee des prix du petrole et des matieres premieres.L’augmentation annuelle des prix a l’importation a ainsi bondi de 4,1% enjanvier a 5,4% en juillet et celle des prix a la production, de 3,7% a 4,9%sur la meme periode. Hors energie, le fort accroissement des prix desbiens intermediaires et des biens de consommation a egalement contribuea l’augmentation des prix a la production et a l’importation. A partir du moisd’aout, la chute du prix du petrole a entraine une nette baisse des prix. En find’annee, les prix a l’importation avaient diminue de 2,3% par rapport a leurniveau de 2007, tandis que l’inflation des prix a la production s’elevait encorea 1,9%.La croissance soutenue des prix de l’essence et du mazout en premierepartie d’annee a fortement influence le rencherissement mesure a l’aide del’IPC. Celui-ci a ainsi passe de 2,4% en janvier a 3,1% en juillet. En secondepartie d’annee, le declin abrupt du prix du petrole a exerce un effet moderateursur le rencherissement. L’evolution des prix des biens importes a aussifortement influence le rencherissement des biens et des services domestiques.Ce dernier a ainsi cru, passant de 1,2% en janvier a 2,1% en septembre,avant de redescendre a 2% en decembre. Resultant de cette evolution, lerencherissement en glissement annuel de l’IPC s’est solde par un repli a 0,7%en decembre.Sur l’annee 2008, le rencherissement annuel de l’IPC s’est eleve a2,4%. Par rapport a l’annee 2007, cela correspond a une augmentation de1,7 point de pourcentage, dont 0,8 point a attribuer directement a l’evolutiondes prix des produits petroliers.Le rencherissement mesure par l’IPC peut etre fortement influence pardiverses fluctuations de court terme. L’utilisation d’un taux d’inflation sousjacentepermet des lors d’effectuer une analyse de la tendance inflationniste.La Banque nationale calcule l’inflation sous-jacente a l’aide d’une moyenneexcluant chaque mois les biens dont les prix ont enregistre les plus fortesfluctuations (moyenne tronquee). Ce taux est passe progressivement de 1,5%en janvier a 2,1% en septembre 2008. A partir du mois d’octobre, l’inflationsous-jacente s’est repliee pour atteindre 1,7% en decembre, refletant ainsiune pression inflationniste orientee a la baisse.La dynamic factor inflation, une mesure de l’inflation sous-jacentetenant compte non seulement de l’evolution des prix, mais aussi de l’informationcontenue dans les variables reelles, monetaires et financieres, est resteerelativement stable de janvier a aout aux environs de 1,2% avant de passer a1% en fin d’annee. Cette baisse observee en seconde partie d’annee s’expliqueprincipalement par l’effet moderateur que le ralentissement conjoncturelexerce sur la demande.Sur les neuf premiers mois de l’annee, le Libor a oscille autour de2,75%, soit au milieu de la marge de fluctuation fixee par la Direction generaleen septembre 2007. Les tensions sur le marche monetaire, provoquant deshausses de primes de risque, ont fortement augmente la volatilite du Libor.Au quatrieme trimestre, l’etiolement du marche monetaire s’est encoreintensifie, poussant le Libor vers la limite superieure de la marge de fluctuation;celui-ci a legerement depasse 3%. Suite aux trois decisions extraordinairesd’octobre et de novembre, la Banque nationale a provoque un fort relachementdes conditions sur le marche monetaire en visant un Libor a 1%. A cette fin,la marge de fluctuation a ete fixee, lors de la troisieme decision extraordinaire,a 0,5%–1,5%. En decembre, la Direction generale a abaisse la marge defluctuation a 0%–1%. Le Libor a fini l’annee a 0,66%.Le rendement des obligations a 10 ans de la Confederation, a l’instard’autres taux d’interet a long terme, a augmente en premiere partie d’anneed’environ 40 points de base pour atteindre 3,4% en juin. Des lors, dans lesillage des turbulences sur les marches financiers et du ralentissementconjoncturel, un mouvement massif de reallocation des portefeuilles, entrainepar une forte demande de titres de debiteurs de premier ordre, a pousse ala baisse les rendements des obligations d’Etat. Le rendement des obligationsa 10 ans de la Confederation a ainsi fortement chute pour atteindre 2,2% enfin d’annee (moyenne de decembre).Jusqu’a fin septembre, l’euro est reste relativement stable par rapportau franc. Avec l’aggravation de la crise financiere, la monnaie helvetique s’estfortement appreciee, s’elevant a 1,43 CHF/EUR a la fin d’octobre. L’euro s’estensuite repris et a atteint en fin d’annee 1,54 CHF/EUR (moyenne de decembre).Sur l’ensemble de l’annee, la volatilite de la monnaie europeenne par rapportau franc a ete un peu plus forte que lors des annees precedentes.