Le dollar a fortement chute, passant de 1,14 CHF/USD (moyenne dedecembre 2007) a 0,98 CHF/USD en mars. En seconde partie d’annee, le billetvert s’est repris dans un premier temps pour faiblir a nouveau finalement.Son cours s’est alors etabli a 1,15 CHF/USD, soit un niveau legerementsuperieur a celui de la meme periode de 2007.Quant a la valeur exterieure du franc ponderee par les flux commerciaux,tant en termes nominaux que reels, elle a d’abord fortement augmente aupremier trimestre pour ensuite diminuer en milieu d’annee et finir l’annee aun niveau eleve. Cette evolution a de plus ete marquee par plusieurs periodesde volatilite accrue.Les agregats monetaires M1 et M2 ont continue de decroitre pendantles premiers trimestres de 2008, mais a des rythmes toujours plus faibles.Ils ont cependant commence a croitre au troisieme trimestre et ont terminel’annee en forte croissance. Quant a M3, sa croissance est restee legerementpositive et constante pendant l’annee, dans des ordres de grandeur similairesa ceux de 2007. L’evolution des agregats s’explique notamment par uneaugmentation de la preference pour la liquidite, qui a donne lieu a unereallocation des depots a terme vers les depots a vue et les billets encirculation.Dans le sillage des turbulences financieres, la demande en monnaiecentrale de la part du systeme bancaire a fortement cru en seconde partied’annee, essentiellement pour des motifs de precaution. La mise a dispositionde liquidites a ete particulierement flexible et genereuse, avec une croissancede la monnaie centrale approchant les 70% en fin d’annee.La Direction generale de la Banque nationale procede en mars, enjuin, en septembre et en decembre a une appreciation de la situationeconomique et monetaire. L’examen approfondi conduit a une decision enmatiere de taux d’interet. Lorsque les circonstances l’exigent, la Directiongenerale peut adapter la marge de fluctuation du Libor a trois mois en francssans attendre la prochaine evaluation trimestrielle de la situation. Un tel cass’est produit a trois reprises en 2008.Le climat de grande incertitude concernant le developpement desprincipales variables macroeconomiques et financieres a represente uneveritable gageure pour la politique monetaire tout au long de l’annee.Si l’augmentation du prix de l’energie et son impact sur l’inflation et laconjoncture ont mobilise l’attention de la Banque nationale en premiere partied’annee, l’intensification de la crise financiere et ses effets sur l’economie nonfinanciere ont ete au centre de ses preoccupations en fin d’annee.Pour la premiere fois depuis la mise en place de la nouvelle strategiede politique monetaire en 2000, l’inflation, poussee par la hausse des prix dupetrole et des matieres premieres, a depasse, durant les dix premiers mois de2008, la limite de 2% definissant la stabilite des prix. Cependant, l’evolutiondu prix de l’energie n’a pas mene la Banque nationale a reagir. D’une part, ilaurait ete inapproprie de vouloir contrer les poussees inflationnistes de courtterme; d’autre part, un resserrement des renes monetaires aurait pu exacerberles effets moderateurs que le prix eleve du petrole exercait deja sur laconjoncture.En seconde partie d’annee, la crise financiere s’est propagee au mondeentier. De ce fait, la situation s’est fondamentalement modifiee. Alors que leprix du petrole et les pressions inflationnistes ne constituaient plus unemenace a moyen et long terme, l’evaluation precise des consequences de lacrise financiere sur la conjoncture en Suisse presentait la principale difficultepour la Banque nationale. Le defi a alors consiste a creer des conditionscadrespropres a attenuer le ralentissement economique tout en preservant lastabilite des prix a moyen et long terme.Durant les mois precedant la premiere appreciation de la situationde l’annee, l’environnement international avait continue de se degrader etles effets de la crise du marche immobilier americain, de se renforcer. Lorsde l’examen de mars, la Banque nationale a table sur un tassement de laconjoncture plus prononce qu’auparavant aux Etats-Unis (2008: 1,5%; 2009:2,4%) et en Europe (2008: 1,7%; 2009: 2%). En outre, elle a anticipe uneinflation plus elevee dans les economies avancees, car le prix du petroleresistait au ralentissement de l’economie mondiale.En Suisse, au moment de l’examen de mars, l’economie n’etait quefaiblement affectee par la baisse de la croissance frappant ses principauxmarches d’exportation. Soutenu par une forte demande domestique, le PIBavait cru de 4,2% en termes annualises au quatrieme trimestre de 2007,portant la croissance en 2007 a plus de 3%. De plus, le marche du travailcontinuait de s’ameliorer, le chomage ayant recule aux environs de 2,5%. LaBanque nationale a anticipe une poursuite de la hausse de l’emploi dans lapremiere partie de 2008. Cependant, elle a estime que la Suisse entrerait dansune phase de ralentissement conjoncturel en raison de la degradation del’environnement international. La Banque nationale a ainsi revise a la baisseses previsions et table sur une croissance du PIB comprise entre 1,5% et 2%pour 2008.Durant les mois precedant l’examen, le franc s’etait apprecie. En termeseffectifs reels, c’est-a-dire en tenant compte des differentiels d’inflation entrela Suisse et ses partenaires commerciaux, le franc avait retrouve son niveaude 2006. En outre, l’agregat monetaire M3 avait poursuivi une croissancemesuree, determinant des conditions monetaires compatibles avec uneinflation moderee a moyen et long terme.Dans ce contexte, bien que les risques inflationnistes aient ete revusa la hausse pour l’annee en cours, ils etaient plus contenus pour les anneessuivantes. Etant donne la degradation des perspectives conjoncturelles et leralentissement attendu de l’inflation a moyen terme, la Direction generalea decide, le 13 mars 2008, de laisser inchangee la marge de fluctuation duLibor a 2,25%–3,25%.La prevision d’inflation publiee au moment de la decision reposait surun Libor maintenu a 2,75%. Avec une inflation anticipee de 2% pour 2008, lacourbe de mars se situait plus haut que celle de decembre. Pour 2009 et 2010,l’inflation prevue se placait par contre legerement plus bas, atteignant 1,4%en fin de periode de prevision. La hausse de la prevision d’inflation pour 2008etait due notamment au taux d’utilisation eleve des capacites de productionfacilitant la repercussion des couts, aux prix du petrole et des matierespremieres ainsi qu’a un effet retarde de la faiblesse du franc observee en2007. En revanche, l’amelioration des perspectives de rencherissement amoyen et long terme s’expliquait essentiellement par le ralentissement de lacroissance plus rapide qu’anticipe en decembre.Au moment de l’examen de juin, la croissance de l’economie mondiale,quoique disparate, ne connaissait pas de ralentissement majeur. La crise quetraversait le secteur financier s’etait propagee au reste de l’economie moinsfortement et plus lentement que prevu. De plus, la bonne sante de l’economiemondiale continuait d’alimenter l’augmentation du prix du petrole, poussantl’inflation mondiale a la hausse. La Banque nationale n’a alors que legerementrevise a la baisse ses previsions de croissance aux Etats-Unis et en Europepour 2008 et 2009.En Suisse, l’activite economique avait connu une nette accalmie dansles premiers mois de 2008. Le PIB n’avait progresse que de 1,3% au premiertrimestre en termes annualises. Ce ralentissement s’inscrivait dans le sillagede la normalisation de la politique monetaire entreprise depuis plusieursannees. De plus, il etait amplifie par l’affaiblissement des exportations et parle repli du volume des transactions boursieres qui pesait sur la valeur ajouteedu secteur bancaire. Pour les trimestres a venir, le prix eleve du petrole etles incertitudes liees a la crise du marche immobilier americain devaientcontinuer de grever l’activite economique. La Banque nationale a neanmoinscontinue de tabler sur une croissance du PIB comprise entre 1,5% et 2% pour2008.Le franc s’etait deprecie par rapport aux monnaies de nos partenairescommerciaux les plus importants durant les mois precedant l’examen de juin,compensant partiellement l’appreciation intervenue en debut d’annee.