En2008, les reserves monetaires ont legerement diminue. Cette baisse a decouleavant tout de la depreciation des principales monnaies dans lesquellesles placements sont detenus et du prix de l’or par rapport au franc. Afinde preserver sa capacite d’action pendant la crise, la Banque nationalea augmente la part des obligations d’Etat au sein des reserves de devises. Lesdernieres ventes d’or effectuees dans le cadre du second accord internationalsur l’or ont eu lieu en septembre.(6) La Banque nationale a egalement pour tache de contribuer a lastabilite du systeme financier. Elle s’est fixe pour objectif d’identifiersuffisamment tot les risques systemiques et de creer des conditions-cadresstabilisatrices. En 2008, l’activite de la Banque nationale dans le domaine dela stabilite financiere a ete fortement marquee par la crise. La BNS a suivi tresattentivement et avec une inquietude croissante l’evolution de la situation ausein du systeme bancaire. Depuis l’ete 2007, il etait manifeste que les grandesbanques suisses seraient fortement touchees par la crise financiere en raisonde leur exposition sur le marche des titres garantis par des hypotheques et deleurs engagements dans le domaine des operations de financement a fort effetde levier. UBS notamment a du prendre d’importantes mesures en vued’accroitre sa dotation en fonds propres. Malgre ces mesures, elle s’estretrouvee dans une situation tres delicate en automne 2008. Aussi le Conseilfederal, la Commission federale des banques (CFB) et la Banque nationalesuisse ont-ils arrete, mi-octobre, un train de mesures destinees a renforcer lesysteme financier suisse.(7) La Banque nationale participe a la cooperation monetaireinternationale. Au nombre des principaux organes figurent le Fonds monetaireinternational (FMI), le Groupe des Dix (G10), la Banque des ReglementsInternationaux (BRI), le Forum de stabilite financiere (FSF) et l’Organisationde cooperation et de developpement economiques (OCDE). Du fait de la crisefinanciere, le FMI a du faire face a une demande croissante de credits eta passe plusieurs accords de confirmation en automne 2008. Il a en outre creeune nouvelle facilite de liquidite a court terme pour les economies emergentesqui, jusqu’ici, avaient pu se refinancer sans probleme sur les marches financiers.Les comites de la BRI auxquels participe la Banque nationale ont consacreleurs travaux avant tout aux repercussions de la crise financiere sur lareglementation, le trafic des paiements, le systeme financier mondial et lefonctionnement des marches financiers. Du cote de l’aide technique, la BNS a,en 2008, de nouveau apporte son soutien principalement aux pays du groupeque la Suisse represente au FMI.(8) La Banque nationale fournit a la Confederation des servicesbancaires notamment dans le trafic des paiements, la gestion des liquiditeset l’administration de titres. En 2008, elle a emis pour le compte de laConfederation des creances comptables a court terme (CCCT) et des empruntsfederaux pour plus de 37,9 milliards de francs et execute ou recu environ118 000 paiements pour la Confederation.Bien que la crise financiere ait gagne en intensite tout au longde l’annee, le niveau d’activite en Suisse est reste eleve en 2008. Dans lesouci de gerer les conditions monetaires de sorte que la bonne conjoncturene compromette pas la stabilite des prix a moyen et long terme, la Banquenationale a maintenu constante, jusqu’en octobre, la marge de fluctuation duLibor pour les depots a trois mois en francs. L’inflation a franchi temporairementla limite de 2% definissant la stabilite des prix pour atteindre un maximumde 3,1% au mois de juillet avant de repasser sous la barre de 2% en novembre.Au dernier trimestre, l’aggravation de la crise financiere, le ralentissementconjoncturel et la baisse des prix du petrole et des matieres premieres ontnettement ameliore les perspectives d’inflation a moyen et long terme, ce quia permis a la Banque nationale d’assouplir considerablement sa politiquemonetaire. Bien que l’inflation n’ait ete que de 1,6% au dernier trimestre, ellea atteint 2,4% sur l’ensemble de l’annee.La Constitution federale confere a la Banque nationale, en tantqu’institution independante, la conduite d’une politique monetaire servantles interets generaux du pays (art. 99 Cst.). La loi sur la Banque nationaleprecise ce mandat en son art. 5, al. 1, et specifie que la Banque nationale ala tache d’assurer la stabilite des prix. Ce faisant, la Banque nationale doittenir compte de l’evolution de la conjoncture.Il incombe ainsi a la Banque nationale de resoudre, au mieux de l’interetgeneral, d’eventuels conflits entre l’objectif de stabilite des prix et la prise encompte de l’evolution de la conjoncture, la stabilite des prix restant prioritaire.La notion d’«interet general» demande que la Banque nationale axe sa politiquesur les besoins de l’economie suisse dans son ensemble, sans privilegier lesinterets de regions ou de branches particulieres.La stabilite des prix contribue a l’essor economique. Des prix stablesrepresentent une condition importante au bon fonctionnement de l’economie,car l’inflation comme la deflation perturbent les decisions des agentseconomiques et engendrent d’importants couts.La politique monetaire vise la stabilite des prix a moyen et longterme, mission comprise comme l’obligation de prevenir les situationsdurables d’inflation comme de deflation. Il ne saurait etre question, enrevanche, de corriger par la politique monetaire des variations temporairesde prix. En recherchant la stabilite des prix, la Banque nationale creedes conditions-cadres favorables qui permettent a l’economie d’utiliserpleinement son potentiel de production.Pour assurer la stabilite des prix, la Banque nationale doit etablir desconditions monetaires appropriees. Des taux d’interet trop bas pendant unelongue periode generent un approvisionnement excessif de l’economie enmonnaie et en credits et, partant, une demande trop forte de biens et deservices. Une telle situation stimule certes la production dans un premiertemps, mais, a la longue, des goulets d’etranglement apparaissent. L’appareilde production est alors trop sollicite et le niveau des prix augmente. Inversement,des taux d’interet trop eleves pendant une longue duree entrainent unapprovisionnement trop modeste en monnaie et en credits, d’ou une demandeglobale trop faible. Les prix des biens et des services subissent alors despressions a la baisse.L’economie est soumise a de nombreux chocs domestiques etinternationaux. Les fluctuations conjoncturelles qui en resultent engendrentdes pressions sur les prix plus ou moins prononcees. De tels phenomenes sontinevitables. Bien qu’orientee a moyen et long terme, la politique monetairepeut cependant contribuer a les attenuer.Les situations auxquelles la Banque nationale est confrontee sontvariees. Des poussees inflationnistes ou deflationnistes apparaissent le plussouvent lorsque la demande globale de biens et de services n’evolue pas aumeme rythme que les capacites de production de l’economie. Ce cas de figurepeut se presenter, par exemple, lors de fluctuations imprevues de la conjonctureetrangere, de mouvements importants des cours de change, de desequilibresprofonds des finances publiques ou d’un approvisionnement en monnaieinadequat par le passe. Les pressions a la hausse sur les prix se renforcent encas de surchauffe de l’economie et s’affaiblissent lorsque les capacites deproduction ne sont pas pleinement utilisees. La Banque nationale doit alorsretablir graduellement la stabilite des prix et aura tendance a durcir sapolitique dans le premier cas et a l’assouplir dans le second. Par consequent,une politique monetaire axee sur la stabilite des prix exerce une influencecorrectrice sur la demande globale et regularise l’evolution conjoncturelle.Les conditions sont plus complexes lorsque la hausse des prix provientde chocs qui ont pour effet d’augmenter les couts des entreprises et quiamenent ces dernieres a reduire leur production.